mardi 6 mars 2018

La Forme de l'eau





« Et l’oscar du meilleur film est attribué à… La forme de l’eau, réalisée par Guillermo Del Toro ! ». Pour une fois, la majorité des films nommés aux oscars dans la catégorie meilleur film étaient sortis au cinéma au moment de la cérémonie. La forme de l’eau me tentait depuis un moment (depuis la bande annonce en fait) et finalement, j’ai découvert un très joli conte.

Durant la Guerre froide, en 1962. Elisa Esposito, muette, travaille comme agent d'entretien dans un laboratoire de Baltimore où est retenu prisonnier un homme amphibien. La jeune manutentionnaire est rapidement fascinée par cette créature surnommée « l'atout » par le terrible colonel Richard Strickland. Avec l’aide de son voisin Giles, de sa collègue Zelda et d'un scientifique du labo, Elisa décide de faire évader l'amphibien.




Dès les premières minutes, j’ai vraiment été happé dans l’univers du film. Le fait que tout commence par une voix off l’inscrit d’autant plus dans cette forme de conte qui va être la sienne pendant deux heures. L’histoire est peut-être simple, mais on a du plaisir à la suivre, on s’attache aux décisions des personnages. L’histoire d’amour arrive un peu vite certes. Cependant, au-delà de ça, elle montre aussi que la communication peut passer par des moyens complétements différents. Ici, le réalisateur a choisi la langue des signes et l’amour charnel. J’ai trouvé ça assez osé d’ailleurs de laisser entendre (voire de montrer) que la relation va au-delà de la simple admiration et passe aussi par le sexe. Personnellement, j’avais compris la fin grâce à plusieurs indices mais elle reste une conclusion logique et une belle conclusion. Dans l’ensemble, j’ai trouvé l’histoire très poétique, très touchante, bien servie par les lumières, les décors… peut-être un peu moins par la musique que j’ai trouvé très oubliable.

D’autre part, je trouve que le film se concentre vraiment sur la communication et non, comme j’ai pu le lire à plusieurs endroits, sur le handicap. Le fait que l’héroïne soit handicapée n’est pas LA raison pour laquelle elle arrive à communiquer avec la créature. Elle arrive à le faire parce qu’elle dispose d’une sensibilité, d’une écoute plus développée que les autres. Elle est fascinée par l’être amphibien là où d’autre en ont peur. Le seul petit problème, éventuellement, c’est que les autres personnages ont plus tendance à graviter autour de l’héroïne qu’à exister par eux-mêmes. Mais bon, ils amènent une certaine dynamique qui permet au film d’avoir un bon rythme. A aucun moment je ne me suis ennuyée. J’ai trouvé le contexte historique bien respecté (la guerre froide, la compétition entre les USA et l’URSS…).

Petit point sur la technique… J’ai lu à pas mal d’endroit que l’esthétique de la forme de l’eau rappelait celle d’Amélie Poulain. Personnellement, je ne l’ai absolument pas vu. Les lumières étaient bien gérées (et puis cette scène de transition vers une comédie musicale en noir et blanc… juste incroyable !). Les scènes sous l’eau sont très esthétiques, elles ajoutent à la poésie du film et nous transportent dans l’univers du réalisateur.

J’ai adoré ce film. Il relève d’une poésie, d’une sensibilité que je n’ai pas beaucoup l’occasion de ressentir au cinéma. Il mêle à merveille le fantastique et la romance et malgré quelques petits défauts (la perfection n’existe pas), il mérite amplement ce succès et ses deux oscars.

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