dimanche 22 novembre 2015

Les suffragettes




Avec l’arrivée des vagues de froids, quoi de mieux que d’aller se réchauffer dans une salle de cinéma. C’est donc en bravant le froid (et en lâchant mes manuels) que je suis allée voir le film Les Suffragettes, de Sarah Gavron. Il traite du mouvement  qui a conduit les femmes d’Angleterre à se mobiliser pour obtenir le droit de vote au début du XXe siècle.



Au début du siècle dernier, en Angleterre, des femmes de toutes conditions décident de se battre pour obtenir le droit de vote. Face à leurs revendications, les réactions du gouvernement sont de plus en plus brutales et les obligent à entrer dans la clandestinité pour une lutte de plus en plus radicale. Puisque les manifestations pacifiques n’ont rien donné, celles que l’on appelle les suffragettes finissent par avoir recours à la violence pour se faire entendre. Dans ce combat pour l’égalité, elles sont prêtes à tout risquer: leur travail, leur maison, leurs enfants, et même leur vie. Maud est l’une de ces femmes. Jeune, mariée, mère, elle va se jeter dans le tourbillon d’une histoire que plus rien n’arrêtera…

J’avoue, c’est un des rares films que je suis d’abord allé voir pour les actrices. J’adore Helena Bonham Carter et Meryl Streep et les voir réunies dans un film, c’était un bon argument de vente ! Ensuite, j’apprécie beaucoup l’histoire de l’Angleterre et le mouvement des suffragettes en est une partie importante. J’ai été agréablement surprise d’ailleurs. J’avais un peu peur que le film soit un hymne au féminisme et porte un discours un peu trop lourd. Mais au final, le film explique de manière très juste le mouvement et le combat que les femmes se prêtent à mener. Il n’est pas question ici de volonté d’égalité entre les sexes mais de reconnaissance de droits qui aujourd’hui nous semblent complétement normales. L’histoire va en crescendo jusqu’à la morale finale qui selon moi est la suivante : Tout combat a besoin d’un sacrifice.

Les personnages sont bien exploités. L’héroïne principale n’a pas réellement existé, mais elle s’insère parfaitement bien dans le combat. On comprend peu à peu ses motivations. Au départ simple spectatrice du mouvement, elle finit par y prendre part un peu malgré elle, puis par s’y engager totalement. Autour d’elle gravite plusieurs femmes déjà membres du mouvement. Elles vivent chacune au gré de leurs actions, parfois soutenues par leurs maris, parfois battus par eux. Via ses personnages, on peut bien se rendre compte de la condition misérable qu’est celle d’être une femme à l’époque. Aucun droit, aucune liberté et aucun moyen de se rebeller contre la société établie.

De plus, ce que j’ai trouvé intéressant, c’est le fait que le film se concentre sur un petit groupe d’ouvrière et pas sur la principale meneuse du mouvement. S’intéresser à des « anonymes » permet de rendre le film plus vrai et plus fort. Il m’a touché, à la fois parce que je suis une femme mais aussi parce qu’ il m’a permis de me rendre à nouveau compte que certains combats sont beaucoup plus récents qu’on pourrait le croire… Le film se termine d’ailleurs par une liste de dates et de pays indiquant à quelles dates les femmes y ont obtenus le droit de vote. Et la liste n’est pas si longue que ça au final.   


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