mercredi 14 octobre 2015

Des mensonges dans nos têtes




Premièrement, je tiens à remercier chaleureusement Babelio et les éditions Mosaïc pour l’envoi du livre  Des mensonges dans nos têtes de Robien Talley. Je l’ai reçu le 12 octobre et je l’ai terminé le 13 octobre. Oui je n’ai mis qu’un seul jour à le lire. Je dois avouer que les trajets en tram ont été très utiles pour dévorer le livre.

Les filles sont faites pour se marier… Les Noirs et les Blancs ne doivent pas se mélanger… Une fille ne doit pas embrasser une autre fille… Linda ne doit pas aimer Sarah. Rien que des mensonges? 1959, en Virginie. C’est l’histoire de deux filles qui croient qu’elles se détestent — parce qu’elles n’ont pas la même couleur de peau et qu’elles ne sont pas nées du même côté. C’est l’histoire de Sarah et Linda qui croient qu’elles se détestent… mais c’est aussi l’histoire de l’année où tout va changer — parce que les mensonges des autres vont voler en éclats et que les vies, les cœurs de Sarah et Linda vont s’en trouver bouleversés pour toujours…

 J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre. J’ai accepté de le recevoir sans vraiment de conviction. Le sujet me tentait bien (historienne un jour, historienne toujours !), alors je me suis dit pourquoi pas. Et j’ai vraiment bien fait ! Le thème de ce livre est la ségrégation. Quelques élèves noirs sont admis dans un lycée de blancs. Et c’est extrêmement dur pour eux. Ils sont malmenés, insultés et tout ce qu’on peut imaginer allant de la simple insulte aux violences physiques graves. Le style de l’auteur est juste. Elle décrit la situation mais sans tomber dans le pathos qui peut parfois être très lourd à la lecture. On partage les sentiments des personnages, mais de tous les personnages. Je n’ai eu à aucun moment une sympathie particulière plus pour les élèves noirs ou plus pour les élèves blancs. On compatit aux violences subies et on trouve ça révoltant, mais pour autant, on en vient aussi à comprendre les réactions des élèves blancs (qui sont avant tout celles de leurs parents).

C’est d’ailleurs le deuxième axe autour duquel tourne le roman. Le personnage de Linda en est le plus bel exemple. Elle est complètement soumise à son père et son seul rêve est de se marier pour s’échapper de « sa prison ». Cette situation décrit la condition des femmes de l’époque, qui ont encore du mal à sortir des carcans familiaux préétablis. Le dernier axe qui est à suivre dans le roman, est celui de l’homosexualité. Là encore, il est amené tout en finesse et en allusions. Sarah se pose des questions sur sa vie et sur ses sentiments, et Linda qui en était si sure en vient à douter de ses propres certitudes. Je ne peux pas en dire plus sous peine de dévoiler l’histoire mais c’est une thématique bien utilisée et qui donne un plus au roman.

Du coté des personnages, j’ai eu un peu plus de mal. J’ai trouvé dommage qu’à certains moments on n’est que le point de vue des deux filles et pas des autres personnages. Par exemple, a aucun moment on n’a l’avis des autres élèves noires ou des autres élèves blancs. Au bout d’un moment, on se lasse un peu des sentiments des deux jeunes filles et une autre vision aurait été la bienvenue.


Mais c’est le seul petit point négatif. Dans l’ensemble, c’est un très bon roman qui prend aux tripes et qui vous plaira malgré le côté jeunesse. 

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