mardi 14 juillet 2015

Fukushima, récit d'un désastre


Fukushima, récit d’un désastre, je l’ai lu dans plusieurs cadres. Tout d’abord, il s’agit de mon deuxième partenariat via Livreaddict. Je remercie à ce titre les Editions Gallimard et plus particulièrement la collection Folio pour m’avoir envoyé cet ouvrage : www.folio.fr. Ensuite, il s’agit d’un livre estampillé Printemps du Livre de Grenoble étant donné que l’auteur devait venir sur l’édition 2013. Mais au final, il est intervenu en avance et je l’ai manqué. Enfin, il s’agit de mon troisième inconnu, du Challenge 10 inconnus dans ma PAL,  puisque je ne connaissais pas du tout l’auteur.

Nous sommes à Tokyo, quelques heures avant le séisme qui a ravagé le Japon le 11 mars 2011. Mickaël Ferrier se trouve dans la capitale japonaise lors de la catastrophe. Il décrit avec exactitude et précisions le phénomène et les conséquences qui en ont découlé. Le livre est divisé en trois parties. Du séisme jusqu'à la prise de conscience de la dangerosité de la situation, en passant par le tsunami et la catastrophe nucléaire, l’auteur décrit tout, recueille les témoignages et tente de comprendre comment tout cela a pu arriver. 

Je commencerais par dire, pour plagier Magrit, que ceci n’est pas un roman. Mais ce n’est pas un documentaire non plus. Les émotions décrites par l’auteur rendent l’ouvrage vivant. On le suit durant son périple, à travers le Japon pour récolter les parcelles de vie qui subsistent encore après le désastre. Il commence par décrire les sensations qu’il a éprouvé durant le tremblement de terre. Puis il demande aux habitants, aux chercheurs de partager leur vision des choses. Ensuite, il enquête sur le tsunami, part dans les refuges, amène des vivres et des médicaments. Il va même jusque sur la zone contaminée par les réacteurs nucléaires. Il la traverse puis repart à Tokyo où il tente de nous expliquer avec quelle sorte de demi-vie le Japon commence à s’organiser.

C’est un livre très complet et indispensable pour ceux ou celles qui veulent en connaitre plus sur la catastrophe. Loin des discours médiatiques et gouvernementaux, Mickaël Ferrier nous livre le Japon des victimes, celui des hommes et des femmes qui n’ont pas pu sauver leur maisons ou qui ont vu disparaitre leur famille. Ceux qui s’inquiètent de ne plus pouvoir vivre de leurs ressources ou encore le Japon des fatalistes qui attendent en silence la prochaine catastrophe.

Le roman est un poème en prose. Un poème du désastre. Le séisme est comparé à un orchestre, le tsunami à un dieu aquatique et le nucléaire à une volonté qui dépasse les hommes.

Pour conclure, je vous donne un extrait qui m’a beaucoup marquée.


« Maintenant, c’est une foule de bruits qui arrivent, qui trépignent et s’entrechoquent. Des bruits mats, des bruits clinquants, des bruits sourds ou aveugles, des bruits qui se lèvent et d’autre qui vont rampant. Le tremblement de terre réveille des timbres insolites, des cadences imprévues, des accents irrésistibles. Toute une palette de bruits comme je n’en ai jamais entendu, un opéra nouveau genre, la cavalcade des sons… » Fukushima, récit d’un désastre ; Mickaël Ferrier – Editions Folio p.27. 

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