lundi 13 juillet 2015

Episode 6 - Le traquenard


« Marieke, Mademoiselle, haletait Suzon en tentant de suivre le pas rapide de son amie, je maintiens que tout cela n’est pas prudent. Nous ne devrions pas passer par l’extérieur pour rejoindre le conseil extraordinaire.
-Tais-toi, tu nous fais perdre du temps ! Le Ministre nous a fait dire par son messager que c’était urgent. Et nous sommes déjà en retard.
-Mademoiselle est de mauvaise foi ! Nous aurions mis moins beaucoup moins de temps si nous avions pris les cages du souterrain. Et nous serions déjà arrivées !
-Ah, ça suffit, Suzon. Un peu d’exercice ne te fait pas de mal. Et puis, j’en ai assez de l’air confiné et des mécaniques chères à notre Ministre. J’ai besoin de respirer un peu et de sentir la fraîcheur du dehors.
-Alors là, c’est fort ! je me demande quel plaisir il peut bien y avoir à sentir l’odeur de brûlé et de marcher au milieu des cendres.
-N’exagère pas, petite insolente, tu sais bien que malgré le bombardement il y a eu très peu de destruction. Les simulacres d’habitations font merveille et les fumigènes que nous lâchons à chaque impact de bombe sont un magnifique trompe-l’œil pour l’ennemi.
-Ah ça, Mademoiselle le Grand Savant à bien raison ! Si les Anglais pouvaient se douter que votre science et l’imagination du Ministre ont permis de bâtir une grande cité souterraine, ils en avaleraient leur thé de travers ! Toutes leurs bombes n’ont pour l’instant servi qu’à détruire des décors de théâtre. Quant aux victimes, nous n’en comptons aucune depuis des mois. Et si ça continue… »
          
Une plainte s’éleva soudain et fit stopper net les deux jeunes femmes. « Ecoute Suzon ! On dirait des pleurs d’enfant… Que disais-tu à propos des victimes ? Il semble bien que quelqu’un ait oublié les consignes de sécurité ! Il faut aller voir !
-Tu n’y penses pas, Marieke ! C’est peut-être un piège… De toutes façons, nous ne pouvons pas faire attendre davantage les membres du conseil.
-Ça ne prendre qu’une minute froussarde ! Quel piège veux-tu qu’il y ait. Personne ne sait que nous sommes ici en ce moment…
-Oui, et c’est bien ce qui m’inquiète ! Enfin, comme Mademoiselle voudra ! Monsieur Jules Verne attendra, comme d’habitude… »
          
Les gémissements venaient d’un angle de rue dissimulé par une façade en plâtre effondrée. Lesd eux amies y découvrirent une fillette en sanglots, prostrée devant un corps allongé.
« Allons, ma petite, commença la princesse d’une vois douce, ne pleure plus, nous sommes là !Qu’est-ce qui t’es arrivé ?
«Je ne suis pas rassurée, murmura Suzon, elle m’a l’air bien grande pour une petite fille. En plus, ses couettes sont ridicules et elle est habillée comme dans les romans de la comtesse de Ségur. On dirait un déguisement ! Nous ferions mieux de partir d’ici ! » Marie-Caroline ne tint aucun compte des remarques inquiètes de son amie et se précipita vers le blessé. Stupeur ! Elle se retrouva face à un automate en métal doré qui se redressa tous à coup en un grincement épouvantable. La princesse crut défaillir lorsqu’elle l’entendit s’exclamer d’une vois d’outre-tombe : « Vous avez fait pleurer ma petite fiancée ! Je n’aime pas que ma petite fiancée soit triste ! » De sa bouche sortit une épaisse fumée rouge qui fit perdre immédiatement connaissance aux deux jeunes filles. Un rire de vieille femme agita alors la fausse fillette qui s’écria : « Et voici un nouveau tour du célèbre duo Mécamort et Juliette ! Enfants der France, applaudissez !»

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